Coaching mental (SPORT ET VIE)

Adélaïde Robert-Géraudel, journaliste

Le métier de préparateur mental trouve de plus en plus souvent place dans l’environnement de l’athlète. On parle de sophrologie, de programmation neuro-linguistique (PNL), d’hypnose… Pour d’autres, tout cela s’apparente à du bourrage de crâne !

« Quand j’étais encore entraîneur de tennis, je me suis rapidement rendu compte que ce qui faisait la différence en situation de match, c’était la capacité des joueurs à gérer leur stress, leur motivation, leurs émotions », explique Antony Girod, préparateur mental et spécialiste de la PNL, « Les aspects technique, tactique, physique, mental et relationnel forment les 5 rayons indispensables de la roue de la performance ». Il regrette alors que l’aspect mental et relationnel ne soit pas toujours considéré à sa juste valeur. C’est exact! Dans les sports d’équipe, par exemple, les clubs sont souvent prêts à débourser des fortunes pour acquérir le talent de tel ou tel joueur. Mais on se soucie assez peu ensuite de son accueil et de son environnement. Quand athlètes eux-mêmes, la plupart rechignent à consulter un spécialiste sous peine de passer pour de faibles caractères ou, pire, pour des malades. Cela dépend évidemment des disciplines. Mais beaucoup considèrent encore la préparation mentale comme l’apanage des farfelus, des nostalgiques de Star Wars à la recherche de leur maître Yoda. Et ils n’ont pas forcément tort ! Toutes les méthodes qui forment ce que l’on appelle «l’entraînement mental» n’ont rien de très scientifique. Certaines sont même carrément ésotériques. Avant de faire te tri, interrogeons-nous sur l’origine de cette mode qui considère que l’on doit entraîner son esprit comme son corps.

Tout a débuté en Amérique du Nord où le « fighting spirit » s’érige en véritable religion. Le ski fut pionnier de ces méthodes dans les années 60 et 70 et, succès aidant, d’autres disciplines lui ont emboîté le pas. Evidemment, on peut s’interroger sur les raisons de cette excellente publicité faite au coaching mental et notamment sur le rôle des médias. Le fait de donner systématiquement la parole aux champions transforme évidemment la perception du phénomène. Imaginons en effet que le vainqueur d’une épreuve ait eu recours à un préparateur mental; on aura tendance à lui attribuer logiquement une part de succès alors qu’en cas de défaite, nul n’aurait eu connaissance de sa démarche. En sciences, on appelle cela l’effet Gold. En clair, cela consiste à ajouter toujours les avis positifs sur une hypothèse sans prêter attention aux éventuelles contradictions. Sur le principe de la boule de neige, le concept prend de l’ampleur et produit de tels phénomènes d’adhésion que plus personne ne s’expose à mettre son origine en question. Ainsi l’unanimité s’est progressivement faite, d’abord aux Etats-Unis puis en Europe, autour de l’idée toute simple que la préparation mentale, ça marche ! A condition, bien entendu, de s’y prendre correctement.  » Le problème c’est qu’en France on connaît assez mal les outils que d’autres cultures, notamment orientale, maîtrisent depuis longtemps  » explique Manuel Aguila, coach sportif, membre de la fédération francophone de coaching et de l’équipe médicale de la fédération française de tir. « Chez nous, on s’entendra dire « concentre-toi », sans que jamais on nous explique comment le faire ». Pourtant les méthodes ne manquent pas: hypnose, programmation neurolinguistique, sophrologie, relaxation, yoga … Lesquelles fonctionnent ? « Celles que l’athlète réussira à s’approprier », vous répondra-t-on invariablement. On apprendra tout de même que chez les sportifs, habitués à travailler avec leur physique, les méthodes qui impliquent une participation du corps sont souvent mieux acceptées. « Elles se concrétisent plus vite aussi », explique Antoni Girod. Il s’agit des techniques de relaxation (training autogène de Schultz, relaxation progressive de Jacobson) ou des méthodes qui relèvent davantage de la méditation mais passent par des sensations comme l’assouplissement et la respiration (yoga, zen, Qi-Gong, etc.). La détente physiologique – nerveuse et musculaire- entraîne la détente mentale alors que l’hypnose, la sophrologie ou la PNL (voir encadrés) se situent davantage sur le plan cérébral (imagerie mentale, ancrage, monologue interne). Quoi qu’il en soit, il n’est pas rare de voir des athlètes utiliser plusieurs de ces techniques ou du moins en essayer un certain nombre avant d’adopter celle qu’ils trouvent la plus efficace.

La pensée apprivoisée :

Le skieur Jean-Pierre Vidal, médaille d’or en slalom aux derniers Jeux de Salt Lake City, est un adepte du coaching mental. A la suite de sa blessure aux deux ligaments croisés en 1999, il a en effet pris conscience de l’importance de ce paramètre en compétition. « À l’époque, je me suis trop engagé, j’ai forcé. Puis, j’ai compris comment j’en étais arrivé là. J’utilisais trop ma force physique et pas assez mon potentiel mental. Moralité : je faisais des super temps aux entraînements. Et je n’arrivais pas à les reproduire en course  » ‘ Sa soeur Vanessa lui présente alors Chantal Gensse, ingénieur en sciences des matériaux, qui deviendra son coach. « Précédemment, j’avais essayé la sophrologie mais ça ne m’apportait pas grand-chose », continue Jean-Pierre Vidal . « Avec Chantal j’ai fait des debriefings avant chaque course pour analyser les paramètres de la réussite ou de l’échec.

A partir de là on a pu déterminer les points à travailler.  » Aujourd’hui, Jean-Pierre Vidal a parfaitement intégré différentes techniques de concentration. Avant chaque course, il anticipe mentalement les difficultés du tracé et repère même les endroits ou il choisit de prendre des risques. « Je fais monter l’envie de me surpasser », résume-t-il. Ensuite, sur la piste, la technique prend le relais de la volonté. « Je sais ce qu’il faut faire pour accélérer à chaque porte ». Aujourd’hui, Jean-Pierre Vidal s’estime plus fort mentalement, capable de mieux réagir face aux situations de stress. En plus des heures passées sur la piste ou en salle de musculation, il pratique aussi le Qi- Gong, une gymnastique chinoise, qui signifie littéralement la « maîtrise de l’énergie’’. « Grâce à cela, j’ai appris à me relaxer, à me relaxer et cela me fait travailler également la souplesse. Car la force musculaire n’est pas tout, pour aller vite il faut de la fluidité et de la coordination.  » La préparation mentale fait désormais partie intégrante de sa pratique sportive et plus largement encore de sa vie.

Pour d’autres athlètes, le recours à ces techniques répondra à un souci d’ordre ponctuel perte de motivations, doutes sur sa capacité de rebondir après une blessure ou, plus souvent, le stress en prévision d’une compétition importante. Le cycliste Xavier Jan avait ainsi joué la carte de la préparation mentale avant les championnats du monde de 1995 pour lesquels il avait été sélectionné. « Je voulais mettre tous les atouts de mon côté, explique-t-il. Je n’avais pas non plus le sentiment de manquer de motivation, Mais je suis persuadé qu’on peut travailler son mental comme son physique.  » Avec un sophrologue, il va apprendre à évacuer tes facteurs négatifs. « A l’approche d’une grande compétition, nous sommes sous pression. Il faut donc apprendre à gérer cela et notamment à anticiper toutes les situations délicates ». Il ne s’agit pas seulement d’un état d’esprit. Ce souci de s’épargner des angoisses inutiles se niche jusque dans les moindres détails de la vie quotidienne. « Cette année là, le championnat avait lieu en Colombie, Sur ce type de vol long courrier, les repas ne répondent évidement pas aux critères de la diététique pour sportif, C’est typiquement le genre de situation ou l’on risque de gamberger. On a l’impression de gâcher bêtement ses chances dans une épreuve qui constitue l’aboutissement d’une saison, Pour éliminer ce stress, c’est très facile. Il suffit de prévoir d’emporter ses repas. C’est ce genre gymnastique-là à laquelle je me suis entraîné pendant ma carrière: anticiper les problèmes avant qu’ils ne vous atteignent ! ». Xavier Jan a pris sa retraite au mois de septembre. Mais il reste convaincu que le mental mérite d’être travaillé comme n’importe quel autre paramètre de la performance.

Tout le monde est d’accord ?

A partir de là, on peut déterminer deux grandes catégories de sportifs: ceux qui, comme Jean-Pierre Vidal ou Xavier Jan, acceptent l’idée que l’on peut se renforcer l’esprit, et ceux qui la réfutent. Les premiers tireront peut-être profit d’un travail axé sur le psychisme. Les seconds sûrement pas! Il s’agit presque d’une règle d’or dans la profession: la demande doit venir du sportif. Une préparation mentale que l’on imposerait à un athlète sans qu’il soit demandeur débouchera inévitablement sur un échec. Parfois, il suffit même qu’une personne influente dans l’environnement de l’athlète s’oppose à ce genre de travail pour ruiner toutes les tentatives. Bref, il faut que tout te monde soit d’accord: l’athlète, la famille, l’entraîneur le préparateur physique, etc. Quant au préparateur mental, il lui revient de bien décrypter une demande qui n’est pas toujours formulée clairement par l’athlète. En d’autres termes, il faut dévoiler son système de pensée. « J’ai suivi à une époque la vice championne de cycliste de Tahiti » raconte Manuel Aguila. « C’était une jeune fille de 16-17 ans qui était systématiquement barrée par la championne en titre, une trentenaire qui aurait derrière elle des années d’athlétisme. En dialoguant avec elle, essentiellement par mails au début, je me suis aperçu qu’elle s’était lentement persuadée qu’elle ne pouvait pas vaincre sa rivale ! Elle s’était enfermée dans ce que nous appelons une « croyance Iimitante ». J’ai dû d’abord recadrer cette croyance pour lui permettre d’aborder différemment la situation. Je lui suggérais des pistes de réflexion. Cette concurrente n’avait-elle pas perdu beaucoup de temps à faire de l’athlétisme pendant qu’elle faisait du vélo ? Ensuite, je lui ai proposé un exercice d’auto ancrage à effectuer toute seule. Elle devrait entrer dans la course comme si elle était elle même une femme de trente ans, Cette simple pensée lui a permis de mobiliser de nouvelles ressources. Et cela a fonctionné dès la course suivante ! »

Aux frontières du lavage de cerveau :

A l’écoute de ces récits, on se sent à la fois intrigué et sceptique. D’un côté, on trouve formidable le seul fait que des préparateurs mentaux puissent ainsi faire sauter des verrous et libérer l’athlète dans toutes ses potentialités. De l’autre, on se demande si cette façon de présenter les choses ne participe pas à une vision beaucoup trop simpliste de la complexité des caractères humains. En filigrane se pose même la question de la compétence du préparateur mental. Or, comme tout le monde le reconnaît, la profession possède son lot de manipulateurs et de charlatans. A ce jour, il n’existe aucun moyen de distinguer les uns des autres. Dans l’Hexagone, la Société française de Psychologie du Sport avait bien essayé de proposer une sorte d’accréditation des préparateurs mentaux dans le sport. Mais en l’absence de statuts, toute tentative de légiférer apparaît vaine. En gros, n’importe qui peut s’affirmer préparateur ou coaching mental. Sans rendre de comptes à personne. Notez que le titre de psychologue du sport n’est pas mieux protégé.

Ce qui ne signifie pas que les deux fonctions soient interchangeables ! A l’instar du préparateur physique, le préparateur mental se charge de réunir toutes les conditions pour atteindre un objectif sportif, tandis que le psychologue du sport ne se focalise pas sur la pratique mais prend en compte la globalité de l’individu. « Le préparateur mental soigne la performance « , explique Mélanie Maillard, psychologue clinicienne, membre de l’organisme Trans-Faire. « Moi, je m’intéresse à l’individu. J’essaye de comprendre l’impact que le sport exerce sur lui. » Il ne s’agit plus alors de grappiller des dixièmes de seconde ou des centimètres. La psychologie sportive se trouve dans ce cas confrontés à des questions beaucoup plus essentielles. Comme la violence, par exemple ! Il arrive très souvent qu’à l’adolescence apparaissent des comportements très agressifs chez des jeunes sportifs. Ils fracassent volontiers raquette ou club de golf. Parfois même, cela passe par des phases d’autodestruction que l’on peut interpréter comme l’expression d’un conflit : suis-je à la hauteur de ce que l’on attend de moi ? Mélanie Maillard reprend: « Je me souviens d’un jeune tennisman, dont le père avait été un très bon joueur. L’exigence d’être à la hauteur était une pression très forte. Il a fallu l’aider à se réapproprier sa pratique, à relativiser, à le dégager de certaines émotions directement liées à la carrière du père ». Pour les spécialistes, on court un grand risque en refusant de prendre en compte la dimension humaine et sociale du sportif dans sa préparation mentale ; celui d’encourager cette perception particulière que beaucoup de sportifs ont de leur propre corps comme d’une machine à produire de la performance ! « La préparation mentale vire alors au conditionnement « , estime Mélanie Maillard. En clair le sportif perd les rênes de sa propre existence. Dans les pays de l’Est, beaucoup d’athlètes, notamment en gymnastique, ont subi ces programmes de coaching mental uniquement axés sur une exigence de résultat, tandis que leur condition d’individu, d’être humain, était soigneusement gommée. Sous certains aspects cela rappelle les récits des goulags russes ou des camps chinois de rééducation idéologique dans lesquels on déconstruisait méthodiquement la personne.Mais il n’est pas nécessaire d’aller si loin pour constater les mêmes dégâts. Chez nous aussi, beaucoup d’athlètes sont fragilisés par un entourage qui surinvestit les enjeux sportifs et ne laisse aucune alternative à la victoire. « Or conditionner les sportifs à gagner comme des machines peut les rendre dépressifs ou les pousser à se doper », conclut Mélanie Maillard.

De la corde raide :

Toutes les personnes que nous avons interrogées exprimaient à leur manière le danger d’outrepasser leurs pouvoirs. « Il faut que le sportif se fixe des objectifs qui lui soient écologiques », explique Manuel Aguila. « Il ne faudrait pas, par exemple, qu’il construise sa vie d’athlète au détriment de sa vie familiale,  » Parfois, cela l’oblige à faire des choix. « J’ai connu le cas d’une sportive de haut niveau qui se blessait tout le temps, Elle se claquait dès que la première marche du podium était envisageable. Quelque chose en elle lui interdisait la victoire: un conflit interne opposait les valeurs de son éducation judéo-chrétienne et l’idée de victoire avec ce qu’elle comporte de mise en avant. Dans ce cas précis, il aurait été peut-être plus écologique pour elle d’arrêter carrément sa carrière.  »

Evidemment ce n’est pas le discours que l’on attend de la part d’un préparateur mental. La situation se complique encore lorsqu’il apparaît clairement que la résolution des conflits intérieurs entraînerait inévitablement une perte de motivation et un risque d’abandon de la pratique sportive. Imaginons la vie d’un champion qui accumulerait les victoires dans l’optique inconsciente de se faire pardonner la disparition d’un parent proche. Si on l’aide à réaliser qu’il n’est pas coupable de ce péché originel on risque de couper du même coup le moteur de son activité sportive. Force est de reconnaître que la situation s’avère peu confortable pour le préparateur. Surtout s’il est mandaté par le club ou la fédération dans une optique d’amélioration des résultats! Alors si dans ce discours tout te monde est d’accord pour protéger l’intégrité de l’individu, dans la pratique on s’aperçoit que les choses sont autrement plus complexes que ce que l’on avait imaginé. Ce questionnement éthique s’apparente un peu à celui du médecin du sport partagé entre son désir d’aider le sportif à réaliser des performances et sa stricte responsabilité en tant que praticien qui se borne à protéger la santé de son patient ! La frontière est difficile à tracer. Heureusement, le médecin est aidé par une série de codes déontologiques et d’interdiction comme, par exemple, celle de recourir à des produits dopants. Rien de tout cela en matière de coaching mental. Seul le code d’éthique proposé par la Société française de psychologie du sport (SFPS) pour les intervenants en préparation mentale. Chacun doit alors fixer ses propres limites. « A mon avis, il y a manipulation si le préparateur trompe l’athlète », estime Philippe Fleurance, responsable du laboratoire de psychologie et d’ergonomie du sport de l’INSEP (lnstitut National Français du Sport et de l’Education Physique). « J’ai connu un gymnaste qui est allé voir un sophrologue à la suite d’une blessure à la cheville pour récupérer plus rapidement. Le sophrologue lui a tenu un discours selon lequel il fallait « dépasser sa douleur ». Il lui a dit que le corps n’existait pas. Que seul le mental comptait. Il lui a fait visualiser des scènes de succès. Résultat, le gymnaste a tenté un mouvement trop difficile vu l’état de sa cheville et il s’est à nouveau blessé gravement en compétition ». Une autre règle éthique relativement facile à formuler consiste à ne jamais fixer des résultats. « C’est la source de 75%, des problèmes mentaux », estime Antoni Girod. « Le préparateur mental ne doit pas s’immiscer dans le discours sur la performance.

On ne doit pas évoquer le podium, les médailles, la victoire, mais plutôt focaliser sur le présent, sur les sensations ». On remarque cela à la récurrence du mot « plaisir » dans le discours des athlètes. Ecoutez les interviews des footballeurs, des tennismen, des cyclistes, des athlètes… Ils n’ont que ce mot là à la bouche ! Ils refusent aussi obstinément d’évoquer leurs ambitions au profit d’expressions creuses comme « prendre match par match » ou « avoir de bonnes sensations ». Enfin -règle numéro trois – une bonne préparation mentale doit contribuer à doter l’athlète d’une plus grande autonomie, et il faut bannir sévèrement tout ce qui contribue à instaurer une relation de dépendance. L’expression dopage mental ne paraît pas usurpée pour décrire certaines situations qui s’apparentent véritablement à une assuétude de type toxicomaniaque, avec une sensation de manque en cas de séparation. Parfois, cette mainmise sur l’athlète est consciente et même machiavélique. Mais pas toujours, car des relations de dépendance peuvent aussi naître accidentellement. « Un préparateur mental devrait toujours se demander pourquoi il veut faire ce métier- », intervient Manuel Aguila. « Est-ce pour exercer son pouvoir sur l’autre ? Parce qu’il est fasciné par ses propres potentialités ? Ou, tout simplement, pour aider la personne à développer ses ressources ? ». On pourrait adresser la même mise en garde aux athlètes. Que cherchent-ils dans cette nébuleuse de préparation mentale ? Pour peu que l’on formule honnêtement sa réponse, cette forme de coaching de l’esprit s’apparenterait à une simple rencontre entre personnes parfaitement éclairées sur les ressorts de leurs propres passions et qui ne s’engagent pas forcément plus loin que le partage d’une expérience. Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas !

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