Préparation sportive

Petite Histoire :

Ce mot remonte au XVème siècle en Hongrie. Il a donné dans notre langue le « Coche », c’est-à-dire une voiture de transport tirée par des chevaux. Quand il désigne le cocher, il a pour synonyme guide, accompagnateur et aussi entraineur, conseiller, formateur.

En France, il a été longtemps assimilé à un entraîneur physique. Or le « Coach » serait à l’heure actuelle un préparateur mental. Il peut tout à fait travailler avec n’importe quel sportif sans avoir besoin d’en connaitre l’activité réelle.

Le coaching s’adresse de plus en plus aux sportifs même basiques et ainsi qu’aux personnes travaillant dans les entreprises.

L’intérêt du coaching :

Les approches sont diverses en fonction de la sensibilité du coach et de sa formation car le domaine d’approche est vaste avec des bases presque incontournables comme :

  • La sophrologie,
  • La programmation Neuro-Linguistique dite PNL
  • L’hypnose et l’hypnose Ericksoniènne
  • L’analyse transactionnelle
  • La gestalt.

Tous les coachs interrogés vous diront qu’ils accompagnent un projet et les objectifs du sportif pour arriver surtout à une autonomie de l’athlète. Les objectifs et les motivations de ces derniers sont très variés. Le mental ayant une influence très importante sur le corps et souvent provoque un effet contraire que le sportif ne comprend pas.

C’est pour toutes ces raisons que le coach va adapter des stratégies pour enlever ces barrières imaginaires qui bloquent l’évolution du sportif et tenir compte de son environnement comme la famille, les amis, sportifs, entraineurs… et de lui-même.

Le monologue interne négatif vient dans bien des épreuves contribuer au stress et à l’échec en parasitant le comportement, au détriment de la motivation et de la réussite.

Les actions entreprises par le coach vont agir sur :

  • Les modes et processus de pensée,
  • Les états émotionnels, le vécu,
  • Les comportements.

Ces actions vont ainsi provoquer les changements utiles au sportif en :

  • Modifiant sa perception du monde et de lui-même,
  • Optimisant l’accès à ses ressources conscientes et inconscientes,
  • Développant positivement sa capacité de communication interne et externe.

Les Coachs fonctionnent par entretien. Ceux-ci se déroulent au cabinet ou sur le lieu de la pratique.

Le Coaching s’adresse à tout sportif quel que soit son niveau. Quelques séances suffisent à transformer la pratique sportive pour qu’elle devienne une véritable activité d’expression et d’épanouissement. Le changement est souvent bien plus rapide que l’on ne le suppose, il ne nécessite aucun effort surhumain et encore moins de souffrance. Il ouvre sur un plaisir sans cesse renouvelé dans la pratique de son sport favori.

Le coach permet également à l’athlète à travers l’écoute de son corps et de la connaissance de ses capacités également physique et permet souvent de diminuer ou d’éviter les blessures.

Les différentes méthodes :

La Sophrologie :

Fondé en 1960 par le docteur Alfonso Caycedo, ses recherches l’amenèrent en Orient et en Asie. Il rencontra les grands maîtres du Yoga, du Bouddhisme et du Zen. Il fit une synthèse de ces pratiques et de leurs effets sur la conscience et les adapte au monde occidental.

Raymond Abrezol est l’un des premiers sophrologues ayant adapté ces techniques au sport. La volonté de performance peut avoir des conséquences catastrophiques sur l’individu. La sophrologie sportive élabore une approche globale de l’être et une harmonie du corps et de l’esprit.

Mais qu’est ce que la sophrologie ?

Les racines grecs en donnent déjà une bonne idée. « Sos » serein, harmonieux, « phren » mental, esprit (la conscience), « logos » étude, discours. Cette science s’applique à l’étude de la conscience qui vise au mieux être de l’individu dans sa vie quotidienne et passant par des prises de conscience de sa respiration, de son corps, de son mental, de ses émotions, de sa richesse intérieure, et un entrainement qui permet de renforcer les aspects positifs de sa vie et d’améliorer ses capacités.

Les techniques utilisées lui sont propres et mettent en jeu le corps dans des mouvements simples et des postures naturelles et font appel aux facultés de visualisation et d’anticipation positive des évènements de la vie.

Elle va permettre ainsi une capacité de concentration, une énergie physique, une capacité de récupération, une motivation, une confiance en soi, une connaissance de soi, la fluidité des mouvements, la mémorisation de séquences sportives, la gestion du seuil de douleur, la gestion du sommeil, gérer le stress…

Et ce mot barbare la Programmation Neuro-Linguistique ?

Une méthode utilisée de plus en plus par les coachs, est née dans les années 70 sur le campus de l’université de Santa-Cruz en Californie. Ces auteurs John Grinder et Richard Bandler ont dépassé les frontières. A ce jour elle est utilisée dans le monde entier.

L’idée était d’observer et de décoder comment font les professionnels qui réussissent particulièrement bien dans leur domaine pour pouvoir acquérir leur expertise et enseigner celle-ci à d’autres personnes. Elles pourront ainsi réitérer leurs performances avec le même succès. Si le principe est simple, les résultats se révèlent extrêmement efficaces.

Pourquoi ces trois mots ?

Programmation, en apprenant, nous fabriquons des « programmes », c’est à dire des apprentissages automatisés. (Automatisé signifie que nous y avons accès sans avoir à réfléchir, comme lorsque nous nouons nos lacets ou lorsque nous montons à cheval).

Neuro, ces apprentissages s’effectuent grâce à notre système nerveux.

Linguistique, le langage joue un rôle déterminant dans le processus d’apprentissage et reflète à la fois ce que nous pensons et la façon dont nous pensons.

La technique :

Nos deux auteurs californiens ont engrangé un ensemble de données pratiques directement utilisables dans les domaines comme la communication, le management, la négociation, la santé, la gestion de carrières, les hautes performances sportives…

La PNL offre un ensemble de méthodes et de techniques rigoureuses pour agir en sachant où l’on va et pourquoi. Elle s’applique aux différents contextes de la vie, pour soi-même et avec les autres. Le but ultime de la PNL est de permettre à chacun de s’épanouir et de se réaliser tant dans sa vie professionnelle que personnelle dans le respect de soi-même et d’autrui.

L’hypnose et l’Hypnose Ericksoniènne

Déjà quant on parle Hypnose, elle n’a rien à voir avec l’image que l’on en a lors d’un spectacle.

Elle s’appuie initialement sur les travaux et l’influence importante de Milton Erickson, psychiatre du début du XXème siècle et père talentueux de la thérapie brève moderne. Il est plus juste d’ailleurs de parler de communication ericksonienne. Le but de l’hypnose ericksonienne est de permettre au patient d’accéder à ses ressources et à son inconscient dans l’optique de la résolution d’un problème. Les possibilités de cette approche sont donc en théorie illimitées.

Les vertus thérapeutiques sont également très importantes, le sujet se venant lui-même en aide, décidant de ses changements, prenant les décisions qui lui conviennent. Cette dernière est non-directive (rien n’est imposé), le sujet et ses aspirations sont bien entendu respectés. L’efficacité de la méthode serait d’ailleurs nulle dans le cas contraire.

La différence entre les deux hypnoses, l’hypnose traditionnelle se fonde sur la suggestibilité de 30% de la population. Elle fonctionnera donc avec une personne sur trois, mais aura des effets limités dans la durée (quelques semaines) Cette démarche traditionnelle ne respecte pas l’écologie du sujet (en lui imposant des comportements, pensées, … qui ne sont pas les siens) est peut donc avoir des effets pervers.

En hypnose ericksonienne, intégrité, libre choix sont entièrement respectés. On aide simplement la personne à trouver ses solutions, ses ressources sans dirigisme quelconque. D’ailleurs, si la personne se sentait entravée ou influencée, elle pourrait tout à fait quitter sont état d’hypnose et quitter la pièce. En hypnose ericksonienne, on ne peut imposer à quelqu’un quelque chose qu’il ne veut pas faire ou qui ne lui convient pas.

L’Analyse transactionnelle ou A.T.

C’est une théorie de la personnalité et de la communication, et un outil concret d’analyse qui prend en compte la totalité de la personne dans ses fonctions biologiques, psychologiques et sociales. Ses principaux concepts sont ceux d’«états du moi», de «transactions», de «besoins de signes de reconnaissance et de structure», de «position de vie», de «racket et émotions», de «scénario de vie», de «jeux psychologiques» et d’«autonomie».

Ces champs d’applications très techniques sont utilisés par les coachs et en PNL.

La Gestalt

Le verbe gestalten signifie « mettre en forme, donner une structure signifiante ». Le résultat, la « Gestalt », est donc une forme structurée, complète et prenant sens pour nous. Par exemple, la même table prend une signification différente selon qu’elle est recouverte de livres et de papiers, ou d’une nappe et de plats (sa « Gestalt » globale a changé).

En fait, dès notre naissance, la première « forme » importante que nous reconnaissions est une Gestalt : c’est le visage de notre mère. Le nouveau-né n’en perçoit pas encore les détails, mais la forme globale est « signifiante » pour lui. Nos perceptions obéissent à un certain nombre de lois : ainsi, une totalité (dans cet exemple, un visage humain) ne peut se réduire à la simple somme des stimuli perçus ; de même, l’eau est autre chose que de l’oxygène et de l’hydrogène ; une symphonie est autre chose qu’une succession de notes. On constate ainsi que le tout est différent de la somme de ses parties.

On souligne aussi qu’une partie dans un tout est autre chose que cette même partie isolée ou incluse dans un autre tout – puisqu’elle tire des propriétés particulières de sa place et de sa fonction dans chacun d’entre eux : ainsi, un cri au cours d’un jeu est autre chose qu’un cri dans une rue déserte ; être nu sous la douche n’a pas le même sens que de se promener nu sur les Champs-Elysées ! Pour comprendre un comportement ou une situation, il importe donc, non seulement de les analyser, mais surtout, d’en avoir une vue synthétique, de les percevoir dans l’ensemble plus vaste du contexte global, avoir un regard non pas plus « pointu » mais plus large : le « contexte » est souvent plus signifiant que le « texte » ( »com-prendre », c’est prendre ensemble). Ainsi, pour analyser un événement politique étranger, il ne suffit pas de « parachuter » sur place un envoyé spécial ; il importe surtout d’avoir une vision synthétique globale de l’économie mondiale et des grands enjeux de pouvoir. La Gestalt-thérapie vise donc le maintien et le développement de ce bien-être harmonieux et non la « guérison », la « réparation », de quelque trouble que ce soit – ce qui sous-entendrait une référence implicite à un état de « normalité », position opposée à l’esprit même de la Gestalt, qui valorise le droit à la différence, l’originalité irréductible de chaque être.

Plusieurs méthodes mais un but :

Ces méthodes sont celles peut être les plus connues et les plus utilisées. Ils en existent bien d’autres mais le résultat est toujours le même un équilibre de l’être entre son corps et son esprit. Être bien !

Que vous parliez avec différents coachs, ils ont tous ce but. Ils sont là pour donner les « outils » que l’individu sera utiliser seul.

Ils ne sont pas là pour faire de l’assistanat mais pour rendre la personne autonome. Comme le dit Manuel Aguila, coach : « On réussit lorsque la personne s’approprie la démarche »

Manuel Aguila est un ancien sportif. Il a pratiqué de l’âge de 16 à 27 ans : « J’y ai laissé ma santé. J’ai rencontré l’art de la sophrologie. Cela m’a permis de prendre du recul. Souvent le sport nous auto-détruit, nous avons des conflits internes. Il est tellement important de pouvoir faire un sport sainement et de retrouver un équilibre interne. » Maintenant il travaille plus auprès d’un public qu’il connait bien (Travailleurs sociaux, éducateurs, enseignants, formateurs, …) mais il travaille toujours avec quelques sportifs. Ainsi il a appris à un grand navigateur comment gérer son sommeil pendant une grande course en solitaire…

Michèle Lagadec est infirmière. Elle a toujours aimé comprendre les êtres. Ancienne cavalière, elle fait une formation à l’Université de Dijon sur les performances mentales. Pour elle « la motivation de l’individu est primordiale. Les sportifs souvent perdent leur moyen à cause du stress, de la pression qui les entoure et qu’ils se mettent eux-mêmes. Je les fais travailler sur l’imagerie mentale comme par exemple (arriver à faire le parcours de CSO dans sa tête, l’assimiler comme s’il avait été déjà fait). Pour en arriver là, elle démarre par des scénettes simples comme descendre des escaliers…pour visualiser sa pensée. Cet exercice permet d’imaginer la façon idéale de monter et de faire son parcours…

« Au départ, on fait une séance par semaine de 2 ou 3 h pendant environ deux mois ensuite 1h et des séances téléphoniques. Cette stratégie de progression et d’analyse de l’action va permettre de responsabiliser le sportif et de s’appuyer sur les réussites pour les renforcer ; analyser les erreurs du cavalier. »

Les techniques sont simples, souvent des techniques respiratoires. Et toujours se rappeler qu’à la fin l’individu doit être autonome. Michèle attache beaucoup d’importance : « Au respect humain, pour elle c’est primordial. Cela va plus loin, c’est reconnaître la valeur de la personne uniquement pour elle et non pas par la réussite de ses résultats. J’ai travaillé avec un grand apnéiste qui inconsciemment se sabotait. Il n’avait pas assez d’estime pour lui et trouvait toujours une excuse. La technique sportive était maitrisée mais le mental le bloquait. » – Michèle Lagadec, coach sportive.

Thomas Lambert, Champion de France Junior en CSO en 2004 avec un étalon des haras « Alfa d’Elle SF » : « J’ai rencontré Michèle Lagadec lors d’un stage de l’équipe de France à Saumur. Elle nous a expliqué ce qu’elle faisait et pouvait nous apporter. J’en ai discuté avec mon père. J’avais des difficultés à gérer mon stress, la pression de l’entourage et l’importance de la compétition enjeu. Du coup, souvent je me déconcentrais et faisais des petites erreurs qui m’empêchaient de réaliser un bon parcours. Grâce à des exercices simples, Michèle m’a appris à gérer mon mental. Cela m’a beaucoup aidé. D’ailleurs j’en ai ressenti le travail très rapidement au bout d’un mois et demi. C’est d’ailleurs cette année là que je suis devenu champion de France et un ami, qui a travaillé aussi avec elle, est devenu champion d’europe. J’ai mûri et appris à mieux me gérer, à me remettre en question. »

On retiendra toujours que le coach est là pour aider le sportif mais toujours avec le « Plus grand respect de l’Etre Humain ».

En France il existe des écoles de formation et cette profession prend de plus en plus d’importance. Par contre on s’aperçoit que dans l’endurance équestre, le coach n’est pas encore connu pourtant la discipline est dure aussi bien pour le cheval que le cavalier surtout à un niveau élevé de la compétition.

Sur le terrain, j’ai parfois entendu parler de souffrance physique et mentale qui entraîne le cavalier à s’arrêter alors que des méthodes simples comme nous le voyons ci-dessus pourraient les aider. Dans le monde de l’endurance équestre, on « coache » le cheval avec un entrainement spécifique à chacun ce qui semble tout à fait normal et légitime vu la discipline mais le cavalier lui « se débrouille » seul.

Monsieur Valério, éleveur de chevaux arabes à Hasparren (64), très connu : « Je suis vraiment surpris par l’endurance physique de nos cavaliers dans cette discipline. » Aline Guillemet (Article pour les Cahiers du Cheval Arabe n° 25)

En janvier 2007 à Arles fut organisée la 1ère grande journée de l’endurance équestre au cours de laquelle 250 participants ont pu entendre et découvrir une ébauche de la préparation mentale par Luis Fernandez. Domaine entièrement méconnu dans ce milieu. Le cavalier pense à son cheval et s’oublie souvent dans la préparation physique et mentale ! C’est l’objectif de la Fédération qui va organiser des stages.

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