Préparation mentale et endurance

Si vous faites partie des sportifs d’endurance, cet article s’adresse bien à vous. En matière de régularité et d’endurance la préparation mentale a une importance majeure. Certes, nombreux sont les sportifs qui présentent des dispositions psychologiques et cognitives leur permettant d’obtenir de bons résultats. C’est lorsque nous rencontrons nos limites que la préparation mentale peut produire le changement dont nous avons besoin. Nous aborderons ci-dessous quelques-unes des difficultés psychologiques fréquentes chez les sportifs d’endurance et les solutions envisageables.

Nos valeurs

Vos valeurs c’est votre moteur. Nous distinguerons les valeurs des critères, c’est-à-dire ce à quoi vous vérifiez que la valeur est satisfaite. Par exemple si l’une de vos valeurs dans le domaine sportif est la réussite, le critère sera ce à quoi vous saurez que vous avez réussi. Pour les uns ce sera, par exemple de monter sur le podium, pour les autres un passage à la télévision…

Ainsi, si vous vous engagez dans un domaine ne correspondant pas à vos valeurs ou dans une direction ou les critères de vos principales valeurs ne seront pas satisfaits, cela reviendra à remplir une bouteille sans fond. Vous perdez votre énergie. Plus fréquemment c’est ce qui se passe dans le cadre du travail lorsqu’on n’a pas envie de se lever le matin pour y aller. Autrement dit, pour atteindre nos sommets, nous devons investir dans des projets cohérents avec nos valeurs et disposer d’un éventail de critères permettant la satisfaction de celles-ci. L’inverse conduit à une déperdition importante d’énergie. Paulo Coelho résume cela en une superbe phrase : quand tu es dans ta « légende personnelle » et que « tu veux quelque chose, tout l’univers conspire à te permettre de réaliser ton désir ».Une partie essentielle du travail du coach est d’accompagner vers une clarification des valeurs de la personne et une adéquation des critères de vérification.

Nos croyances :

Nous avons tous des croyances sur le monde, sur le sport, sur les autres, sur la compétition, sur le fait de gagner ou de perdre, sur nous-mêmes. Elles sont en quelque sorte une armature qui nous structure. Imaginez que demain vous ne puissiez plus rien croire, votre stabilité psychologique et votre minimum de besoin de sécurité seraient quelque peu secoués. Le fonctionnement humain nous conduit à vérifier en permanence ce que nous croyons. Il est peu facile de convaincre une personne à changer de croyance et cela est d’autant plus difficile que la croyance est inconsciente. Aussi, il arrive souvent ce que l’on croit. Dès lors il devient important d’explorer toutes vos croyances au regard de vos épreuves, de la réussite ou de l’échec. Un quelconque conflit à ce niveau est susceptible de se répercuter sur vos processus de pensée, sur vos états internes et sur vos comportements en course. Nous avons la possibilité de changer de croyance à la condition de remplacer l’ancienne par une nouvelle.

La durée et la distance :

Au cours d’un entraînement, d’une épreuve, la distance ou le temps peuvent paraître long.

Si ce processus revient fréquemment, et quelle que soit l’origine de cette perception, sachez qu’il est possible de la modifier. En effet il a dû vous arriver en voiture d’avoir un kilométrage important sans vous rendre compte du temps qui passe ou encore dans la salle d’attente du dentiste avec une rage de dents de vivre 20 minutes comme une heure.

La perception que nous avons du temps n’a rien à voir avec le temps d’une montre. Ainsi nous avons une faculté qui nous permet d’effectuer une distorsion du temps. Cette ressource est en vous, il suffit de s’y connecter et de la transférer dans le domaine de votre sport. Elle peut avoir des effets profonds comme dans l’exemple de Laurent Bourgnon, le célèbre navigateur, qui avec l’aide d’un hypnothérapeute a comprimé les deux premières phases du sommeil afin de réduire considérablement son cycle. Cela lui a permis de consacrer plus de temps à la navigation et contribué à ses victoires dans la Transat en solitaire et la course du Rhum.

Il en va de même pour l’espace. Ainsi un des marathoniens que j’accompagnais courrait des petits kilomètres. Ce sont des kilomètres beaucoup plus petits que les autres ! En effet, quelle que soit la planète, un tour de planète, c’est un tour de planète ! Nous avions installé cette distorsion de l’espace en passant par une étape ou la personne se voyait courir depuis un hélicoptère. Vu de haut les distances paraissent plus courtes. Elle a pu par la suite le vivre de l’intérieur en pleine épreuve.

Le monologue intérieur :

Le monologue intérieur c’est ce dialogue que vous entretenez avec vous-même. Il peut rapidement devenir l’ennemi n°1 de beaucoup de sportifs. La plupart des golfeurs le connaissent bien. La moindre difficulté, la moindre tension peut le faire passer dans l’autocritique, le jugement, les reproches…Ils amènent ainsi des états internes négatifs qui se répercutent dans l’ensemble du corps et bouclent le processus. Ce peut être un processus passager en lien aux événements récents ou en cours, ou bien quelque chose de récurant qui fait partie de vos processus habituels. D’une personne à l’autre les origines peuvent êtres très différentes. Il s’agit parfois d’une mémoire de situations d’échecs ou bien de messages parentaux de type « soit fort » ou « soit parfait », «dépêche-toi ». Ces messages agissent en parasites. La personne peut avoir l’impression que ce n’est pas elle qui parle, mais quelque chose en elle. La PNL fait partie des outils qui sont susceptibles d’accompagner un changement rapide de ces processus, sans pour autant perdre du temps sur le pourquoi de celui-ci.

La déconcentration musculaire :

La décontraction musculaire permet une consommation minimum d’énergie. Une connaissance approfondie de notre corps est nécessaire afin de relâcher en permanence les contractions inutiles. Certaines de ces contractions peuvent résulter d’une tension ou d’un conflit psychique. Vous avez probablement assisté à des claquages ou des entorses en lien à des problématiques psychologiques. En effet, il semblerait que toute tension psychique ait son inscription dans le corps comme tension physique. Certains psychologues font une lecture symbolique de la localisation de ces tensions. Quoi qu’il en soit, l’évacuation permanente de ces tensions est nécessaire. Les exercices sophrologiques du premier degré ou la réalisation de vos gestes techniques au ralenti, en état de conscience modifié, permet ce travail. Vous apprendrez à rentrer mentalement dans toutes les zones corporelles concernées, à les explorer, les connaître, les relâcher. Cet entraînement vous donnera à terme la capacité d’évacuer toutes les tensions inutiles en quelques secondes, même pendant l’épreuve.

L’énergie :

Vos croyances au niveau de votre énergie et votre endurance sont primordiales. Ainsi un ami Karatéka comme moi disposait d’une énergie importante, quel que soit le niveau de compétition. Tout lui paraissait facile. Cela m’intriguait et je compris qu’il croyait profondément garder en permanence une réserve d’énergie de 15% environ. Comment aurait-il pu alors s’épuiser ?

Vous pouvez mettre en place avec un coach les stratégies mentales qui vous permettront en courses de maintenir votre niveau d’énergie. Par ailleurs, la sophrologie sportive utilise plusieurs exercices afin d’optimiser l’énergie physique. Ces exercices pour la plupart proviennent soit des moines tibétains qui les utilisaient pour lutter contre le froid, soit des moines zen dans les arts martiaux. Ils s’appuient sur un travail respiratoire et sur la faculté de concentration. Pour la plupart, ils sont à pratiquer avant ou entre les épreuves.

La douleur :

La sensation de douleur varie d’un individu à un autre. Elle dépend pour une bonne part de l’expérience que nous en avons de part notre histoire. Une partie de celle ci est subjective.

La sophrologie et l’hypnose offrent des résultats surprenants sur des douleurs violentes comme les douleurs dentaires. Un coach disposant de ces outils vous permettra de mettre en place une analgésie transférable. C’est-à-dire que vous disposerez en permanence d’une stratégie mentale afin de réduire considérablement une douleur dans la plupart des endroits du corps. Si l’efficacité est indéniable, elle demande une certaine prudence et sagesse. En effet la douleur est un signal d’alarme que nous lance l’organisme. Quelle que soit la douleur, cette pratique ne peut se substituer à une exploration des causes et aux soins qui les accompagnent.

Ces réponses ne sont pas exhaustives. La préparation mentale nécessite une adaptation de ces outils voire la création d’une nouvelle façon de faire pour chaque sportif.

L’expérimentation est fondamentale. Quelles que soient vos lectures, le savoir n’est pas le premier facteur de changement. L’action est plus importante que la connaissance. Aussi vouloir explorer les effets de la préparation mentale en vue d’augmenter votre endurance, c’est en pratiquer les exercices.

Manuel Aguila, coach sportif et professionnel-formateur

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